Le procès Goldman (2023)
« Le procès Goldman » est un docudrame juridique semi-biographique réalisé en 2023 par Cédric Kahn, qui en a également coécrit le scénario avec Nathalie Hertzberg.
Pierre Goldman contre le reste du monde … Au mitan des années 1970, le procès de ce rebelle d’extrême gauche accusé de meurtre marqua la France par sa portée politique. Cédric Kahn en tire un huis clos saisissant, transcendé par la composition magnétique d’Arieh Worthalter.
Avril 1976. Le jeune avocat Georges Kiejman doit défendre Pierre Goldman, militant d’extrême gauche condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Mais à quelques jours de ce second procès aux assises d’Amiens, le provocateur Goldman, caractériel, se montre de plus en plus hostile à son défenseur, jusqu’à souhaiter le dessaisir. Alors qu’il risque la peine capitale, il rend l’issue du procès incertaine.
Écorché vif
Avec la reconstitution de ce fameux procès, Cédric Kahn tire le portrait d’une époque à son crépuscule, celle des élans révolutionnaires des années 1960-1970. Alors que les eighties imposeront bientôt leur cynisme matérialiste, les dérives de Pierre Goldman, demi-frère du chanteur, illustrent l’échec des utopies libertaires finissant en impasse dans le prétoire d’un tribunal d’assises. Hâbleur, insoumis, en perpétuelle colère contre les institutions (surtout policières), celui qui était devenu l’icône de la gauche intellectuelle – et qui sera assassiné à Paris en 1979 – apparaît pourtant comme un écorché vif hors du commun, pétri de valeurs et de faiblesses paradoxales. Autour de ce fascinant pôle magnétique, le réalisateur de Roberto Succo et d’Une vie meilleure compose un huis clos de très haute volée, où le spectateur voit son intime conviction vaciller au rythme des offensives de la défense ou de l’accusation. D’une puissance presque animale, l’interprétation d’un Arieh Worthalter volcanique, à la rébellion difficilement contenue par le subtil Arthur Harari en maître Kiejman, mérite amplement ses trois prix de meilleur acteur octroyés par le cinéma français en 2024.
Distribution :
- Arieh Worthalter – Pierre Goldman
- Arthur Harari – maître Georges Kiejman
- Stéphan Guérin-Tillié – le président
- Nicolas Briançon – maître Henri-René Garaud, l’un des avocats des victimes
- Aurélien Chaussade – l’avocat général
- Christian Mazucchini – maître Bartoli, un des trois avocats de Goldman
- Jeremy Lewin – maître Chouraqui
- Jerzy Radziwiłowicz – Alter Goldman, le père de Pierre Goldman
- Chloé Lecerf – Christiane Succab-Goldman, la future épouse de Pierre Goldman et mère de son fils
- Laetitia Masson – la psychiatre
- Didier Borga – le commissaire Jobard
- Arthur Verret – Monsieur Aubert, veuf de la pharmacienne
- Priscilla Lopes – Mme Carrel
- Paul Jeanson – l’agent Quinet
- Priscillia Martin – mademoiselle Lecoq
- Xavier Aubert – le docteur Pluvinage
- François Favrat – le commissaire Marcel Leclerc
- Romain Parent – l’inspecteur Goussard
- Lucas Olmedo – Oswaldo Barretto
- Maxime Tshibangu – Joël Lautric, l’un des amis chez qui était Goldman le soir du crime[9]
- Ulysse Dutilloy-Liégeois – Jean-Jacques Goldman
- Christophe Haquette – un juré
„Le procès Goldman“ ist ein halb-biografisches juristisches Dokudrama aus dem Jahr 2023 von Cédric Kahn, der gemeinsam mit Nathalie Hertzberg auch das Drehbuch schrieb.
Pierre Goldman gegen den Rest der Welt … Mitte der 1970er Jahre prägte der Prozess gegen diesen wegen Mordes angeklagten Rebellen der extremen Linken Frankreich durch seine politische Tragweite. Cédric Kahn inszeniert daraus ein packendes Kammerspiel, das durch die fesselnde Musik von Arieh Worthalter noch verstärkt wird.
April 1976. Der junge Anwalt Georges Kiejman soll Pierre Goldman verteidigen, einen linksradikalen Aktivisten, der in erster Instanz wegen vier bewaffneter Raubüberfälle, von denen einer zum Tod zweier Apothekerinnen führte, zu lebenslanger Haft verurteilt wurde. Doch wenige Tage vor diesem zweiten Prozess vor dem Schwurgericht in Amiens zeigt sich der provokante, jähzornige Goldman seinem Verteidiger gegenüber zunehmend feindselig, bis hin zum Wunsch, ihn abzuberufen. Obwohl ihm die Todesstrafe droht, macht er den Ausgang des Prozesses ungewiss.
Auf den Punkt gebracht
Mit der Nachstellung dieses berühmten Prozesses zeichnet Cédric Kahn das Bild einer Ära im Niedergang, nämlich der revolutionären Aufbruchsstimmung der 1960er- und 1970er-Jahre. Während die Achtziger bald ihren materialistischen Zynismus durchsetzen werden, veranschaulichen die Entgleisungen von Pierre Goldman, dem Halbbruder des Sängers, das Scheitern libertärer Utopien, die im Gerichtssaal eines Schwurgerichts in einer Sackgasse enden. Als Großspurer, Rebell und in ständiger Wut gegen die Institutionen (vor allem die Polizei) erscheint derjenige, der zur Ikone der intellektuellen Linken geworden war – und 1979 in Paris ermordet wurde –, dennoch als außergewöhnlicher, innerlich zerrissener Mensch, geprägt von Werten und paradoxen Schwächen. Um diesen faszinierenden Magneten herum inszeniert der Regisseur von „Roberto Succo“ und „Une vie meilleure“ ein hochkarätiges Kammerspiel, in dem die innere Überzeugung des Zuschauers im Rhythmus der Angriffe der Verteidigung oder der Anklage ins Wanken gerät. Mit einer fast animalischen Kraft verdient die Darstellung des vulkanischen Arieh Worthalter, dessen Rebellion vom subtilen Arthur Harari als Meister Kiejman nur schwer gezügelt werden kann, ihre drei Preise als bester Schauspieler, die ihm 2024 vom französischen Kino verliehen wurden, voll und ganz.