Peau de cochon (2004)
« Peau de cochon » est un documentaire de 2004 écrit et réalisé par Philippe Katerine.
Philippe par Katerine : un journal intime en douze séquences vidéo où le chanteur pas encore star réenchante la vie avec une liberté jubilatoire. Un autoportrait hors-sol devenu culte.
La vie est simple avec Philippe Katerine. En 2004, il possède une petite caméra digitale, donc il filme. Son dogme : régler sa focale au plus près, zoomer sur son intimité et ses proches. Sa fille raconte une abracadabrante histoire de chute d’hélicoptère, il filme sa compagne Helena Noguerra dans les rues de Montmartre, son ami Dominique A réécoute une cassette audio de ses premières chansons enregistrées à 12 ans, il retrouve le réalisateur Gaëtan Chataigner en slip dans une chambre d’hôtel, peste contre les voitures qui ne répondent pas à ses saluts sur le pont d’une autoroute … Douze séquences comme autant de morceaux d’un album aux styles imprévisibles, douze bijoux fantaisie rassemblés par un funambule du non-sens dont le quotidien semble guidé par une inspiration sans limite.
Lampe de baladin
Quel drôle d’animal ! Avec Peau de cochon, Philippe Katerine désacralise toute l’histoire du cinéma. Le simple geste d’enclencher le bouton d’une caméra DV lui suffit pour inventer un nouveau genre : le film sur lequel on peut apposer de multiples étiquettes sans qu’aucune ne colle tout à fait. Journal intime, homemade vidéo, film à sketches, récréation foutraque, road trip (à pied), autofiction je-m’en-foutiste, pastiche de film d’auteur …, le chanteur ébrèche les teintes monochromes du réel avec ses improbables échappées poétiques, entre instantanés et semi-improvisation. Mais celui qui n’était pas encore "the blue man" des JO 2024 ne se contente pas de capter ce(ux) qui l’entoure(nt), il use de sa caméra comme d’une lampe d’Aladin pour faire surgir créatures et visions. Lorsque Dominique A chantonne sur ses premières compositions, c’est littéralement l’enfant Dominique Ané qui apparaît, touchant d’humanité. Lorsque le baladin filme dans un long travelling son quartier de jeunesse vendéen, on ne discerne pas grand-chose derrière haies et portails, mais son récit en voix off fait affleurer une vie provinciale secrète et fantasmatique, pleine de sang, de sexe et d’accidents. Sa quête d’un retour en enfance, acte pour lui créatif et libératoire, trouve son apogée régressive dans la fameuse scène où il expose devant le critique ciné Thierry Jousse sa collection d’étrons personnels, étiquetés et datés. Entre dérision et indépassable art de la récup’, une manière de défier les convenances et de réenchanter le monde qui n’appartient qu’à lui … et pour cause.
Distribution :
- Philippe Katerine
- Helena Noguerra
- Thierry Jousse
- Dominique A
„Peau de cochon“ (dt.: Schweinshaut) ist ein Dokumentarfilm aus dem Jahr 2004 geschrieben und inszeniert von Philippe Katerine.
Philippe par Katerine: ein Tagebuch in zwölf Videosequenzen, in denen der noch nicht zum Star gewordene Sänger das Leben mit einer bejubelnden Freiheit neu verzaubert. Ein Selbstporträt abseits des Mainstreams, das Kultstatus erlangt hat.
Das Leben ist einfach mit Philippe Katerine. Im Jahr 2004 besitzt er eine kleine Digitalkamera, also filmt er. Sein Credo: die Brennweite so nah wie möglich einstellen, seine Intimität und seine Angehörigen heranzoomen. Seine Tochter erzählt eine abenteuerliche Geschichte von einem Hubschrauberabsturz, er filmt seine Partnerin Helena Noguerra in den Straßen von Montmartre, sein Freund Dominique A hört sich eine Kassette mit seinen ersten Liedern an, die er mit 12 Jahren aufgenommen hat, er trifft den Regisseur Gaëtan Chataigner in Unterhosen in einem Hotelzimmer wieder, schimpft über die Autos, die auf der Autobahnbrücke nicht auf seine Grüße reagieren … Zwölf Sequenzen wie ebenso viele Stücke eines Albums mit unvorhersehbaren Stilen, zwölf Modeschmuckstücke, zusammengestellt von einem Seiltänzer des Unsinns, dessen Alltag von einer grenzenlosen Inspiration geleitet zu sein scheint.
Wanderlampe
Was für ein seltsames Tier! Mit „Peau de cochon“ entmystifiziert Philippe Katerine die gesamte Geschichte des Kinos. Die einfache Geste, den Knopf einer DV-Kamera zu drücken, reicht ihm aus, um ein neues Genre zu erfinden: den Film, den man mit zahlreichen Etiketten versehen kann, ohne dass eines davon ganz passt. Tagebuch, Homemade-Video, Sketchefilm, chaotische Spielerei, Road Trip (zu Fuß), nonchalante Autofiktion, Pastiche eines Autorenfilms … – der Sänger durchbricht die monochromen Farbtöne der Realität mit seinen unwahrscheinlichen poetischen Ausflügen, zwischen Momentaufnahmen und Halbimprovisation. Doch derjenige, der noch nicht „the blue man“ der Olympischen Spiele 2024 war, begnügt sich nicht damit, seine Umgebung einzufangen, sondern nutzt seine Kamera wie Aladins Wunderlampe, um Kreaturen und Visionen hervorzubringen. Wenn Dominique A zu seinen ersten Kompositionen vor sich hin summt, erscheint buchstäblich das Kind Dominique Ané, das durch seine Menschlichkeit berührt. Wenn der Gaukler in einer langen Kamerafahrt sein Jugendviertel in der Vendée filmt, erkennt man hinter Hecken und Toren nicht viel, doch seine Erzählung im Off lässt ein geheimes und fantasievolles Provinzleben auftauchen, voller Blut, Sex und Unfällen. Sein Streben nach einer Rückkehr in die Kindheit, für ihn ein kreativer und befreiender Akt, findet seinen regressiven Höhepunkt in der berühmten Szene, in der er dem Filmkritiker Thierry Jousse seine Sammlung persönlicher, beschrifteter und datierter Kotproben präsentiert. Zwischen Spott und unübertrefflicher Kunst der Wiederverwertung – eine Art, Konventionen zu trotzen und die Welt, die nur ihm gehört, wieder zu verzaubern … und das aus gutem Grund.